Harare, ville des hautes terres d'Afrique australe, capitale du Zimbabwe, créée ex nihilo en 1890 par la British South African Company, est un pur produit de la colonisation. Ville de ségrégation raciale systématique, Harare fut d'abord une place militaire (Fort Salisbury), puis une ville pour « Européens ». Ce n'est qu'en 1897 qu'est créé le premier quartier pour Africains. Dès avant 1900, on trouvait à Salisbury les types de quartiers constitutifs de l'espace urbain actuel : commerçant et administratif au centre, résidentiel blanc au nord, résidentiel noir au sud. L'État contrôlait les quartiers africains mais intervenait peu dans les quartiers européens, vastes lotissements privés qui donnèrent l'image d'une « ville jardin ».
À partir des années 1970 et surtout après l'indépendance en 1980 (Salisbury est rebaptisée Harare en 1981), la croissance démographique a été brutale : Harare dépasse, en 2008, les deux millions d'habitants, dont près de la moitié dans la ville satellite de Chitunguiza. La construction de logements et d'équipements n'a pas suivi cette croissance démographique, en conséquence les densités ont explosé et les bidonvilles se sont multipliés, régulièrem […]
