Biochimiste américain d'origine indienne né le 9 janvier 1922, à Raipur (ville du Pendjab, aujourd'hui au Pakistan), Har Gobind Khorana étudie à l'université du Pendjab (Lahore), puis part pour la Grande-Bretagne préparer un doctorat à l'université de Liverpool (1945). De 1950 à 1952, il étudie les protéines et les acides nucléiques à l'université de Cambridge, puis poursuit ses recherches à l'université de Vancouver. Il rejoint en 1960 l'université du Wisconsin avant d'être nommé professeur au Massachusetts Institute of Technology.
Les travaux les plus célèbres de Khorana concernent le décryptage du code génétique, c'est-à-dire la correspondance chimique entre l'ADN (acide désoxyribonucléique), support de l'hérédité dans les chromosomes, et son expression sous forme de protéines. L'alignement des acides aminés des protéines est dicté par la séquence des ARN messagers, polynucléotides diffusibles dont la structure reflète celle de la molécule d'ADN. En 1961, Marshall Warren Nirenberg et ses collaborateurs montrent que des polyribonucléotides synthétiques servant de messagers forment in vitro des polypeptides et que la séquence de ces derniers permet de décrypter le code génétique. À un triplet de ribonucléotides correspond un acide aminé. Le groupe de Khorana développe la technique de synthèse des polyribonucléotides et produit des polymères sophistiqués contenant des motifs di- ou trinucléotidiques répétés. L'approche de Khorana, plus systématique que le « test de fixation » de Nirenberg, permet d'élucider sans ambiguïté le code génétique et ses propriétés, telle que la « dégénérescence » où plusieurs triplets correspondent à un seul acide aminé triplets. Le code génétique ainsi établi en 1965 s'est avéré universel et a permis une avancée décisive de la biologie moléculaire.
Khorana reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1968, conjointement à M. W. Nirenberg
et R. W. Holley.
Photographie
Marshall Nirenberg Marshall Nirenberg est assis à son bureau du National Institutes of Health, face à un tableau noir surchargé de formules chimiques et devant les modèles moléculaires dont il se servait au moment de l'élucidation du code génétique, au début des années 1960.
Crédits: Courtesy of the National Institutes of Health Consulter
Samya OTHMAN
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