Hans Reichenbach fut à Berlin, dans l'entre-deux-guerres, puis lors de son exil à Istanbul et Los Angeles, le principal représentant de l'empirisme logique, mouvement philosophique apparenté au positivisme logique du cercle de Vienne. Fondateur de la Société de philosophie empirique, il défend comme les Viennois une « conception scientifique du monde » visant à libérer la pensée des « non-sens de la métaphysique ». Mais sa particularité réside dans la conviction qu'une telle rupture ne peut advenir qu'au prix de l'abandon de toute recherche de la certitude, et cela au profit d'une conception purement probabiliste de la connaissance.
La biographie de Hans Reichenbach reflète les tourments de l'histoire commune à ce groupe de penseurs, dont beaucoup furent persécutés par le régime nazi, soit à cause de leur engagement politique (proche du socialisme), soit à cause de l'origine juive de nombre d'entre eux. Né à Hambourg en 1891, Hans Reichenbach entreprend tout d'abord des études d'ingénieur – comme Ludwig Wittgenstein au même moment – qui marquent sa pensée d'un sceau pragmatique indélébile. Puis il poursuit des études de mathématiques et de physique auprès des plus grands scientifiques de son temps (Hilbert et Planck, notamment). En philosophie, élève de Cassirer et de Simmel, il soutient en 1915 une thèse de doctorat d'orientation néo-kantienne sur la philosophie des probabilités. Il est ensuite envoyé deux ans au front. De retour de la guerre, il fréquente le tout premier séminaire d'Einstein consacré à la théorie de la relativité générale, ce qui lui fournit la matière de son premier livre, Relativitätstheorie und Erkenntnis a priori, 1920 (Théorie de la relativité et connaissance a priori). La reconnaissance qu'il en tire lui permet d'obtenir un poste d'enseignant en physique et en philosophie de la physique à Stuttgart, puis de devenir professeur à l'université de Berlin en 1926. Il constitue alors autour de lui le Groupe de Berlin avec F. Kraus et K. Grelling notamment, et s'associe en 1930 à Rudol […]
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