3. Nouvelles racines
Quelques mois après la disparition de Roger, le 30 janvier 1465, le nom de Jan van Memmelynghe apparaît sur le registre des bourgeois de Bruges. L'activité du foyer bruxellois, autrefois si intense, connaît un ralentissement, et c'est tout naturellement vers la cité flamande que l'artiste se tourne. Non pas que l'école brugeoise, près d'un quart de siècle après la mort de Jean van Eyck, brille d'un tel éclat : seul Petrus Christus y défend encore dignement l'idéal eyckien. Mais Bruges est alors à l'apogée de son rayonnement. Elle est encore l'entrepôt de l'Occident et le premier marché financier au nord des Alpes. Ce qui, vraisemblablement, y attire Memling, ce sont les débouchés exceptionnels que peuvent offrir à un artiste les riches bourgeois d'une cité marchande ouverte sur le monde et la protection qu'il peut attendre des agents florentins des Médicis. Les commandes qui jalonnent quelque vingt ans de sa carrière témoignent de la faveur qu'il rencontre auprès des marchands, des banquiers, des notables, des bourgeois, pour la plupart italiens et flamands, dont il devient aussi le portraitiste à la mode ; trois élèves fréquenteront successivement son atelier. Sa réussite lui vaut bientôt une prospérité enviable : en 1480, il compte parmi les bourgeois les plus riches de la ville et fait l'acquisition de trois maisons, et à sa mort ses fils héritent d'une jolie fortune.
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