2. L'appel des Pays-Bas
Le milieu rhénan, auquel l'apparentaient cependant ses tendances profondes, semble ne pas avoir suffi au jeune artiste. Une attraction puissante a dû l'amener à se rendre aux Pays-Bas, où le maître incontesté était alors Roger Van der Weyden. Où et comment eut-il connaissance de l'art de Roger ? On est tenté d'imaginer une révélation formelle directe telle qu'aurait pu l'offrir la prestigieuse Adoration des Mages de l'église Sainte-Colombe de Cologne, mais la date apparemment tardive de l'œuvre semble exclure cette hypothèse. C'est plutôt à Bruxelles, dans l'atelier même où elle s'élaborait, que Memling dut avoir l'occasion de se familiariser avec cette composition. Quoi qu'il en soit, la tradition rapportée par Vasari et Guichardin selon laquelle il aurait été l'élève de Roger ne fait plus guère de doute. Sa dépendance se manifeste d'abord dans la timidité et l'application d'un jeune artiste dominé par un style qu'il n'a pas encore assimilé. Ce sont des madones en buste dérivées de la Vierge de saint Luc (Bruxelles, Cleveland), mais aussi des retables, dans lesquels on reconnaît des œuvres peintes par Memling dans l'atelier de Roger (Polyptyque d'Hulin de Loo, Madrid, Washington et coll. privées) ou peu après son départ de Bruxelles (Crucifixion, Vicence). Ailleurs se feront jour des réminiscences du Retable Bladelin (Nativité, Cologne) et du Jugement dernier de Beaune (Jugement dernier, Dantzig). En fait, même dans sa pleine maturité, Memling ne s'affranchira jamais totalement de l'empreinte de Roger, mais il l'aura alors complètement dominée et intégrée (Adorations des Mages, 1479, Madrid et Bruges).
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