Né à Leipzig en 1904, Allemand s'étant formé comme artiste sous la République de Weimar, Hans Hartung est venu vivre à Paris dès l'apparition du nazisme. « Je ne voulais pas céder. Je ne pouvais pas céder. J'aurais pu accepter les compromis, les compromissions. Essayer de faire une peinture plus à la mode et revenir en Allemagne, supporter Hitler, Si j'avais cédé, j'aurais cédé sur tout. » À Paris, il travaille dans des conditions misérables. En 1938, l'ambassade du Reich lui retire son passeport. En 1939, à la déclaration de la guerre, il s'inscrit sur la liste des volontaires contre l'hitlérisme. Il est versé dans la Légion étrangère. Démobilisé en 1940 après la défaite, il se cache dans le Lot avec la famille du sculpteur catalan Gonzalez, puis s'enfuit en Espagne, où il est incarcéré pendant sept mois. De là, il passe en Afrique du Nord, s'engage de nouveau dans la Légion, et sera de tous les coups durs. En novembre 1944, lors de l'attaque de Belfort, il est grièvement blessé et doit être amputé d'une jambe.
Naturalisé français à la fin de 1945, il reprend son travail là où il avait dû l'interrompre : il a devant lui un demi-siècle pour construire son œuvre. Dès sa pre […]
