2. Voyages et amours
1830 marque un tournant décisif dans la vie d'Andersen. C'est le début d'innombrables voyages et de ses malheureuses amours. Il obtient une bourse et visite l'Allemagne et la Suisse comme on faisait en ce temps-là : lentement, posément, en quête d'hommes et d'histoires. Cela nous vaudra un recueil, Images d'un voyage dans le Harz et la Suisse saxonne... pendant l'été 1831 (Skyggebilleder af en Rejse til Harzen og det sachsiske Schweitz... i Sommeren 1831), qui révèle son talent d'observation, sa passion pour les antiquités légendaires, un sens très sûr du trait qui cerne les paysages et campe les personnages, ainsi qu'une sympathie instinctive pour le petit peuple. La manière qui lui restera propre est déjà trouvée. Le premier recueil de Poèmes (Ditge, 1830) ainsi qu'un volume de Fantaisies et Esquisses (Phantasier og Skizzer, 1831) ont été reçus assez froidement par la critique. Et quant aux amours, c'est la même douce-amère. L'élue a été Louise, fille de J. Collin. Elle a dû juger Hans Christian trop falot avec sa figure maigre et ses contradictions. Plus tard, la belle Jenny Lind, le célèbre « rossignol du Nord », ne saura pas davantage répondre à ses élans. On soupçonne bien un peu de complaisance romantique dans ce rôle de mal-aimé, mais ce serait injuste que de faire d'Andersen un lunaire : peut-être, simplement, était-il trop préoccupé de l'image qu'il donnait de sa personne pour avoir osé se livrer tel qu'en lui-même...
Après un mince recueil de vers, Vignettes adressées à des poètes danois (Vignetter til danske Digtere, 1832), paraît enfin, la même année, sa première grande œuvre poétique : Les Douze Mois de l'année (Aarests tolv Maanader), livre qui porte terriblement sa date, mais où la mièvrerie et le conventionnel laissent percer une attention toute scandinave aux grâces de la nature.
Nouvelle bourse de voyage en 1833, cette fois pour la France et l'Italie. Ce sera le coup de foudre. Rome surtout, où il reviendra souvent et où, sans doute, il découvre […]
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