Dans son œuvre, Hans Belting poursuit deux interrogations fondamentales, l'une sur l'histoire des relations des hommes aux images, l'autre sur l'histoire de l'art comme structure de représentation et mise en forme d'un discours spécialisé. Professeur d'histoire de l'art à l'université de Munich, puis d'histoire de l'art et de théorie des médias à l'Institut technologique de Karlsruhe, membre de l'Académie des sciences de Heidelberg, il a occupé en 2002-2003 la chaire européenne du Collège de France à Paris. S'intéressant à la formation d'un système de communication particulier, celui des images et de leurs rôles dans les sociétés humaines depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, Hans Belting revient sans cesse dans ses livres et dans ses articles sur le problème référentiel qui se pose, dans l'histoire, entre le corps et les images, corps du Christ et présence, puis corps des hommes et représentation, jusqu'à son texte le plus récent sur les techniques du clonage humain (« Images réelles et corps fictifs », Le Monde, jeudi 27 février 2003). Trois principaux axes de recherche se dégagent de ses travaux : la genèse de l'image chrétienne ; les rapports entre l'Orient et l'Occident ; la constitution d'une histoire de l'art à partir du xvie siècle.
1. Sur les deux rives de la Méditerranée
Hans Belting a commencé par étudier les xiiie-xve siècles et les conceptions religieuses des images dans le monde byzantin, à partir des manuscrits enluminés (Das Illuminierte Buch in der Spätbyzantinischen Gesellschaft, Heidelberg, 1970), et en Italie, sur les fresques peintes par Giotto dans l'église supérieure de la basilique Saint-François d'Assise (Die Oberkirche von S. Francesco in Assisi, Berlin, 1977). Dans les deux cas, il analyse les changements majeurs qui interviennent en parallèle au xiiie siècle sur les deux rives de la Méditerranée, dans des milieux sociaux qui connaissent les mêmes facteurs d'évolution politique, dévotionnelle et conceptuelle. Très structuré, le groupe des laïcs influe […]
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