3. Baldung et le maniérisme
En 1517, de retour à Strasbourg qu'il ne quitte plus jusqu'à sa mort, les recherches artistiques de Baldung prennent une nouvelle orientation. Déjà, Le Déluge (Bamberg) de 1516 montre la dualité de son tempérament qui s'exprime dans une composition très animée, avec des couleurs dissonantes.
Baldung peint de plus en plus des thèmes allégoriques et mythologiques où son imagination exaltée et violente se donne libre cours. Les Sorcières (Francfort) de 1523 en sont un exemple impressionnant. Il avait déjà traité le même sujet dans des dessins et des gravures, œuvres pleines de diabolisme et de sensualité, influencées par la superstition du siècle de la Réforme.
Il travaillait de plus en plus pour des particuliers. Les thèmes d'histoire ancienne ou de mythologie, Pyrame et Thisbé (Berlin, 1530), Hercule et Antée (Breslau, 1530), Mucius Scaevola (Dresde, 1531), se distinguent par la liberté de la composition, la véhémence et la finesse du coloris.
Une collection riche en dessins et gravures, pleine d'allusions cachées et d'énigmes allégoriques, révèle l'ampleur de son inspiration et son intérêt pour les problèmes intellectuels et les théories spirituelles. De telles œuvres marquent le passage de la Renaissance au maniérisme.
Cet esprit maniériste s'accentue dans les tableaux des vingt dernières années passées à Strasbourg. Cette nouvelle conception d'un style « artificiel » se fait jour dans des compositions exaltées. Il donne aux figures des attitudes compliquées, et il abandonne le canon classique des proportions du corps humain appris chez Albrecht Dürer. L'intérêt de Baldung Grien se tourne de plus en plus vers les problèmes plastiques. Par ces tendances, quelques-unes de ses œuvres sont proches de celles de Cranach l'Ancien. Or, de cette orientation ne découle pas un appauvrissement de l'art de Baldung, mais plutôt une nouvelle concentration intense de l'expression.
Le maniérisme est également visible dans ses tableaux religieux. Dans ses Vierge à l'Enfant (Nuremberg, Berlin […]
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