4. La première phase de la guerre
Son plan mis au point, Hannibal cherche délibérément le conflit, en attaquant Sagonte, ville ibérique alliée de Rome et protégée par l'accord imposé par le Sénat à Asdrubal Ier, qui interdit à l'armée carthaginoise de franchir le Jucar. Les gouvernants romains font preuve d'une irrésolution qui permet à Hannibal de prendre et de détruire la ville. Rome déclare alors la guerre.
Hannibal pénètre en Gaule en contournant les villes grecques de Catalogne. Bien accueilli par les Gaulois Volques qui viennent de s'assurer le contrôle du Languedoc, il établit des garnisons dans certaines de leurs places et s'avance sans combat jusqu'au Rhône. Mais il doit disputer le passage du fleuve à d'autres Gaulois ameutés par les Marseillais, puis remonter vers le nord et forcer le passage à travers les défilés alpestres, sans doute au Grand-Saint-Bernard.
Les batailles du Tessin et de la Trébie (automne 218) donnent aux Carthaginois le contrôle de la Cisalpine. Après s'être reposés en Bologne, ils descendent en mars 217 vers l'Étrurie et écrasent à Trasimène les deux légions du consul Flaminius (21 juin). Hannibal, contournant Rome, marche alors par la côte adriatique vers Capoue, où ses amis politiques ont pris le pouvoir, mais hésitent encore devant la défection ouverte. Fabius Maximus, nommé dictateur à Rome, s'efforce de sauver l'essentiel par une tactique de temporisation devenue proverbiale. Mais en 216 les élections donnent le pouvoir aux partisans de l'offensive, les deux consuls Terentius Varro et Paul Émile. La bataille de Cannes, en Apulie, coûte à Rome 46 000 de ses meilleurs légionnaires (2 août 216).
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