3. Le plan d'Hannibal
Comme son père, Hannibal a été dominé toute sa vie par l'idée de la revanche contre Rome, qui, au terme d'une guerre de plus de vingt ans (264-241), a réduit Carthage au rôle de puissance secondaire en lui arrachant la Sicile et la Sardaigne. Afin d'organiser la revanche, Amilcar Barca avait tenté de trouver des ressources économiques et des expédients militaires nouveaux. Dans cette intention, il avait créé en Espagne un État colonial, organisé comme les royaumes hellénistiques, dont il était le véritable maître. Hannibal a surtout étudié les faiblesses de la confédération italique que Rome a constituée depuis le milieu du ive siècle. Il vise à en détacher les cités campaniennes et grecques situées au sud du Latium, qui forment les postes clefs de la puissance économique et maritime de Rome. Pour leur permettre de se libérer, il lui faut neutraliser la force militaire des légions. À cette fin Hannibal compte utiliser le potentiel humain du monde celtique et engager des auxiliaires gaulois. C'est cette considération, plus encore que la faiblesse de sa marine, qui le détermine à attaquer l'Italie par voie de terre.
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