2. Prince hellénistique et stratège
C'est à cette date de 221 avant J.-C. que nous connaissons son portrait physique, grâce à des monnaies frappées en Espagne, qui permettent d'identifier un certain nombre de bustes ; le plus beau, en bronze, fut découvert en 1944 à Volubilis au Maroc. Ce sont des copies d'époque romaine du portrait officiel exécuté par un artiste grec lors de la proclamation du jeune chef. Hannibal y apparaît sous l'aspect d'un prince hellénistique, assez proche d'Alexandre qu'il avait pris pour modèle. La tête casquée du musée de Naples, souvent considérée comme portrait d'Hannibal, est une œuvre du iie siècle après J.-C. dont l'identification ne repose sur aucune base sérieuse.
Les historiens anciens, Polybe et Tite-Live en particulier, soulignent l'indomptable énergie d'Hannibal – servie par une résistance physique exceptionnelle –, son intelligence et son extraordinaire faculté d'adaptation aux situations les plus difficiles. Ils admirent surtout ses qualités de stratège et de chef capable de diriger des armées disparates dans les pires conditions. L'originalité de sa tactique a surtout été reconnue à l'époque moderne ; elle s'inspire parfois de celle d'Alexandre et de ses successeurs. Non seulement Hannibal utilise des éléphants comme des chars d'assaut, mais il invente les actions de « commandos », constitués par des troupes de choc peu nombreuses mais parfaitement entraînées. Renouant avec les traditions militaires puniques, il recrute des mercenaires aux îles Baléares et en Gaule. Ceux-ci constitueront la masse de manœuvre à laquelle viendront se heurter les forces romaines, notamment à Cannes (216), avant que les troupes carthaginoises ne soient engagées dans la bataille.
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