Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

HAN YU (768-824)

Page précédente Page suivante

3.  Un homme ligoté

Artisan d'un nouveau langage, meneur éloquent, libre penseur affranchi des superstitions religieuses, champion audacieux qui, pour la défense de ses idées, n'hésite pas à défier l'empereur au péril de sa propre vie : ces divers aspects de la personnalité de Han Yu pourraient faire croire qu'il fut un homme de caractère et un homme libre. En réalité, un regard sur sa destinée ballottée fait entrevoir une image bien différente.

Né à Dengzhou, dans le Henan, orphelin de père dès son plus jeune âge, Han Yu fut marqué par les années difficiles de son enfance. Arrivé dans la capitale, adolescent plein d'ambition, il rongea son frein pendant dix années sans parvenir à percer, et cela malgré une activité intense toute consacrée à organiser sa propre publicité. Finalement, il réussira à entrer dans la carrière mandarinale et s'y élèvera jusqu'aux postes les plus éminents (il devint ministre des Rites), mais cette ascension sera laborieuse et traversée d'orages : deux fois il fut frappé d'une mesure de disgrâce qui vint lui rappeler que, même au sommet, sa position restait toujours précaire. Il lui manquait au fond cette assurance et cette indépendance d'esprit que procurait à la plupart des lettrés la double assise d'un clan familial et d'une propriété terrienne, laquelle, si modeste fût-elle, pouvait servir de havre en cas de tourmente. Han Yu était tout à la fois dévoré par la rage d'arriver et privé de toute position de repli ; d'où, tour à tour, ces actions d'éclat et cette promptitude à renier ses positions intellectuelles et morales sitôt qu'il se trouvait dans l'épreuve.

Sa vie durant, il se fit le valet des puissants, il gaspilla le plus clair de son temps et de son génie à composer dans une langue superbe de creuses pièces de circonstance à la louange d'individus qui n'avaient d'autre mérite que d'être riches et influents. Cela n'allait cependant pas chez lui sans mouvements de révolte : il ressentait amèrement ce divorce entre d'une part sa vocation d' […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« HAN YU (768-824) » est également traité dans :

CONFUCIUS & CONFUCIANISME

Écrit par :  ETIEMBLE

Dans le chapitre "Conséquences et réactions"  : …  (accusant par conséquent ce qu'on peut considérer comme le positivisme du maître), et un *Han Yu (767-824) pour célébrer le confucianisme dans son essai Sur l'origine de la voie  ; pour déplorer, dans son Discours sur les maîtres à penser, qu'on ne transmette plus de maître à disciple le dao confucéen ; pour… Lire la suite
GU WEN [KOU WEN]

Écrit par :  Odile KALTENMARK

Dans le chapitre "La nouvelle prose"  : …  *Han Yu (768-824) est considéré comme le véritable créateur de la nouvelle prose, à tort intitulée gu wen. Ennemi déclaré aussi bien du taoïsme que du bouddhisme, il se crut la mission de reprendre la tradition confucéenne. Toutefois, il fit plus qu'un simple retour à l'antique : il vilipendait au contraire l'imitation servile du style… Lire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média