Le plus grand des penseurs de l'école chinoise des Légistes, Han Feizi naquit dans la seigneurie de Han, dont le nom lui sert de patronyme. Fils de seigneur, il ne reçut pourtant jamais ni titre ni office : ses critiques répétées des mœurs politiques régnant à la cour seigneuriale lui valurent cette disgrâce. C'est en étudiant la théorie du gouvernement par la loi pénale, théorie anticonfucianiste déjà largement répandue chez les intellectuels, que le jeune Fei se prit de l'ambition de restaurer la société chinoise des Royaumes combattants, menacée par l'anarchie. Il voulait armer le pouvoir souverain d'une technique gouvernementale dont Shang Jun avait fait à Qin la preuve de l'efficacité.
Inspiré d'abord par l'ontologie taoïste, il tira cependant des leçons de la doctrine du plus célèbre des maîtres de son temps, celle de Xunzi, dont le confucianisme était fortement teinté de légisme. Il fut son élève vers ~ 250 à Chu, avec pour condisciple Li Si, le futur Premier ministre de Shi Huangdi, fondateur de l'Empire Qin.
N'ayant pas eu la chance de pouvoir s'engager dans l'action, la vie de Han Feizi semble avoir été tout entière consacrée à la réflexion. Mais, au lieu d […]
