Ville de Syrie centrale, à 54 kilomètres au nord de Homs et à 152 kilomètres au sud d'Alep, sur l'Oronte. Le site est occupé dès l'époque néolithique, mais Ḥamā est restée jusqu'au xxe siècle une petite ville. Comme toutes les autres cités de la région, elle voit défiler les envahisseurs. Elle est capitale d'un royaume syro-hittite et, à ce titre, elle est citée, sous le nom de Hamath, dans la Bible. Elle prospère sous les Romains et sous les Byzantins. En 650, elle capitule devant l'avance musulmane et est rattachée à la circonscription militaire de Homs. Sous les Ḥamdānides, elle est reprise par les Byzantins (en 968) et Nicéphore II Phocas fait incendier sa grande mosquée. Elle joue un rôle important à l'époque des croisades, convoitée à la fois par les croisés, par Zangī, gouverneur d'Alep, et par les Būrides de Damas. Zangī s'en empare en 1130, puis elle passe à son fils, Nūr al-Dīn. Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf (Saladin) la prend en 1178. L'alimentation en eau est assurée, comme l'irrigation, par des roues hydrauliques (norias). Sous les Ottomans, au xviiie siècle, As‘ad pacha al-‘Azm fait édifier le palais, qui sera ultérieurement transformé en musée. Ḥamā fut, en février 1982, le théâtre de violents affrontements entre les islamistes des Frères musulmans et l'armée syrienne ; un quart de la ville fut détruit et on estime que 25 000 personnes périrent lors des combats. La ville a depuis lors été reconstruite. Ḥamā est restée un gros marché rural (467 800 hab., recensement de 2004) où viennent s'approvisionner les bédouins des environs. L'artisanat y conserve une grande importance (filatures, soieries, cuir). L'industrie s'y développe : industries agro-alimentaires, textiles, sidérurgiques, mécaniques.
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Syrie Carte politique de la Syrie
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Georges BOHAS
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