3. Satire de la guerre
La trilogie Íslandsklukkan (1943-1946, La Cloche d'Islande) est une œuvre dont l'action se passe au commencement du xviiie siècle, alors que le peuple islandais subissait encore l'absolutisme danois, mais les événements historiques dont il est question sont un biais commode pour évoquer les avatars de l'Islande actuelle en face des grandes puissances qui pourraient menacer son indépendance. Le livre date de l'époque où les Islandais rompaient définitivement leurs liens avec le roi de Danemark pour fonder une nouvelle République (1944). C'est en même temps un message de victoire, l'image de la virilité et de la culture qui légitiment l'indépendance d'un si petit peuple et un message d'avertissement, un tableau de la misère qui avait accablé le peuple sous une domination étrangère maladroite. Un des héros de La Cloche d'Islande, le paysan Jón Hreggvidsson, personnage haut en couleur qui symbolise la rude énergie du peuple islandais, est condamné à mort pour avoir assassiné le gouverneur du roi, malgré l'absence de preuves. Après une fuite mouvementée, des errances et un long procès, il évite le billot grâce à l'intervention d'un savant islandais vivant à Copenhague, Arnas Arneus ; ce dernier sait quels trésors possèdent les Islandais en fait d'anciens livres ou de manuscrits. Le savant a parcouru le pays pour les rassembler et, un jour, il a pu mettre la main sur des fragments d'un précieux parchemin, précisément dans la petite ferme du paysan Jón Hreggvidsson. La comparaison s'impose avec Árni Magnússon qui parvint à rassembler l'impressionnante collection d'anciens manuscrits islandais que posséda longtemps la Bibliothèque royale de Copenhague. Laxness a adapté, en 1950, La Cloche d'Islande pour le théâtre sous le titre de Snaefrídur Íslandssól (Snaefridur, soleil d'Islande). Peu de pièces furent aussi populaires.
Dans Atómstödin (1948, Station atomique), satire un peu forcée, l'Islande non corrompue est dépeinte en la personne d'une fille de paysans, face à l'Islande perv […]
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