Alors qu'Haïti commence difficilement l'année 2009 après avoir dû faire face, l'année précédente, à l'envolée des prix des denrées alimentaires, à des troubles politiques et à des tempêtes tropicales, le pays connaît une certaine stabilité et une attention internationale croissante.
Le président René Préval et le chef du gouvernement Michèle Pierre-Louis gèrent avec efficacité les ressources à leur disposition afin de faire face aux dégâts provoqués par les cyclones. Les réseaux de transport et de communication sont en grande partie reconstruits, les mesures destinées à atténuer l'impact des catastrophes naturelles sont renforcées et le nombre de personnes souffrant d'insécurité alimentaire diminue, passant d'un tiers à un cinquième de la population. Les enlèvements et la criminalité enregistrent une chute spectaculaire. Des élections sont organisées en avril afin de renouveler le tiers des membres du Sénat – au nombre de 30 – malgré une participation de seulement 11 p. 100 et le Parlement adopte une réforme fiscale permettant à Haïti d'être autorisé à demander un allégement de la dette. La loi visant à relever le salaire minimum à 70 gourdes (environ 1,18 euro) pose davantage problème. Un texte proposant de l'élever à 200 gourdes (environ 3,37 euros) provoque une vive réaction du secteur industriel qui craint que cela freine les investissements et, donc, ne créé pas d'emplois alors que le taux de chômage est de 70 p. 100. Les négociations politiques, impopulaires parmi les étudiants qui descendent dans la rue pour demander l'augmentation maximale des salaires, aboutissent à un compromis à 125 gourdes (environ 2,1 euros).
Néanmoins, les sénateurs votent, en octobre, une motion de censure contre le Premier ministre sous prétexte d'« une situation d'insécurité grave et d'une réalité dramatique de la faim ». Michèle Pierre-Louis est immédiatement remplacée par le ministre de la Planification Jean-Max Bellerive qui, au début de novembre, constitue un nouveau gouvernement comprenant plusieurs ministres […]
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