5. « Je suis, dans le vertige, les mondes qui voltigent... »
Dans ce lyrisme de l'indicible, dans la délicatesse et la fragilité des poésies de Bécquer, on retrouve l'écho d'un Musset ou d'un Heine. Pourtant, le langage de Bécquer, dans ses meilleurs moments, a quelque chose qu'on ne saurait confondre : une brisure, un ton de désespoir sans fin traversé parfois d'acerbe ironie, une musicalité et une délicatesse qui le rendent inimitable. Ce lyrisme de l'âme a quelque chose de féminin. Dans les Cartas literarias a una mujer, le poète, invité par son interlocutrice à définir la poésie, répond spontanément : « La poésie, c'est toi. » Et il ajoute : « Parce que la poésie c'est le sentiment, et le sentiment c'est la femme. » Ailleurs, il précise encore que la femme est « le verbe poétique fait chair ».
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