2. « Rimas »
Le volume intitulé Rimas contient soixante-seize compositions, pour la plupart assez brèves. Par leur frémissement et leur intensité, elles illustrent bien la conception que se faisait Bécquer de la poésie : « Je garde écrites dans mon cerveau, comme dans un livre mystérieux, les impressions qui y ont laissé leur trace ; ces filles ardentes et légères de la sensation dorment rassemblées au fond de ma mémoire, jusqu'à l'instant où, pur, serein, tranquille et revêtu, pour ainsi dire, d'un pouvoir surnaturel, mon esprit les évoque ; elles tendent alors leurs ailes transparentes, qui battent avec un bourdonnement étrange et passent de nouveau devant mes yeux comme une vision lumineuse et magnifique. » C'est en effet une inspiration qui prend sa source au plus profond de l'être que traduisent ces poésies de l'âme. Un insondable désespoir s'y découvre souvent : « Ma vie est un désert ; / fleur que je touche est fleur qui meurt. / Sur mon chemin fatal, / quelqu'un sème le mal / pour que je le recueille. »
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