La mort de Gustave Singier, le 5 mai 1984, est venue rappeler la vitalité et l'éclat qu'ont eus, de la Libération aux années 1960, les diverses tendances de la peinture abstraite s'épanouissant à Paris. Occultées aujourd'hui, non seulement par les divers néo-réalismes, néo-dadaïsmes, ou néo-fauvismes qui leur ont succédé tour à tour en position « d'avant-garde », mais plus encore par l'attitude des peintres abstraits de la génération suivante qui, généralement, les négligèrent pour prendre racine du côté des grands abstraits américains enfin reconnus à Paris, ces œuvres attendent toujours les études critiques indispensables. La mort prématurée de Pollock, Kline, Rothko ou Newman a certainement hâté la mise en perspective de leurs apports, mais ce n'est pas seulement parce que la plupart des abstraits français de la même génération poursuivent leur travail qu'ils n'ont pas retrouvé l'attention des spécialistes, ni des jeunes peintres ; c'est plutôt pour avoir été plus célébrés que compris, en même temps qu'utilisés malgré eux comme repoussoir contre l'offensive inévitablement victorieuse alors de l'art et du marché américains. Si quelques grands noms, pourtant, demeurent très viv […]
