Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

MOREAU GUSTAVE (1826-1898)

Page précédente Page suivante

3.  Le mystique

Apprécié d'un cercle restreint d'admirateurs qui se disputaient les œuvres peu nombreuses dont il consentait à se séparer, Gustave Moreau ne parut désormais plus guère en public et n'ouvrit son atelier qu'à de rares intimes, contribuant ainsi à créer autour de lui la légende d'un solitaire reclus dans sa maison de la rue de La Rochefoucauld à Paris.

En 1876, il reparut au Salon avec deux de ses œuvres les plus célèbres, Salomé dansant devant Hérode et la grande aquarelle de L'Apparition (musée d'Orsay, Paris). Ses deux derniers envois furent, en 1880, Hélène et Galatée.

En 1884, la perte de sa mère, unique confidente de son existence de célibataire, constitua le grand drame de sa vie. Elle était sourde depuis longtemps, et il était obligé de communiquer avec elle à l'aide de morceaux de papier sur lesquels il expliquait ses conceptions artistiques : reportés plus tard sur des Cahiers, ces fragments composent une ébauche de journal intime qui facilite la compréhension de son œuvre.

S'il n'exposa plus au Salon, Gustave Moreau n'en continua pas moins à travailler avec passion, reprenant sans cesse d'immenses compositions allégoriques, comme les Prétendants (musée Gustave-Moreau), qu'il enrichit jusqu'à sa mort d'une infinité de détails sans jamais pouvoir les achever. Il s'adonna également à l'aquarelle, où il allie sa fougue de coloriste à une grande liberté d'invention, notamment dans les soixante-quatre illustrations pour les Fables de La Fontaine qu'il exécuta de 1879 à 1884 (esquisses au musée Gustave-Moreau).

Peu connu du grand public, le peintre fut admiré dans les milieux symbolistes de la fin du xixe siècle. La morbidesse un peu molle de ses Salomé ou de ses Galatée, la grâce inquiétante des androgynes qui peuplent ses peintures nourrirent les rêves parfois pervers de toute une génération. J.-K. Huysmans le proclamait unique dans l'art contemporain ; Edmond de Goncourt écrivait que ses « aquarelles d'orfèvre-poète semblent lavées avec le rutilement, la patine des trésors des Mill […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« MOREAU GUSTAVE (1826-1898) » est également traité dans :

DEGAS EDGAR (1834-1917)

Écrit par :  Barthélémy JOBERT

Dans le chapitre "Les années de jeunesse (1834-1873)"  : …  et modernes auprès desquels s'étaient formées, et se formaient encore, des générations d'artistes.* Mais il va, paradoxalement, y trouver tout autre chose, grâce à la rencontre, en 1858, de Gustave Moreau. Ce dernier, au cours de longues discussions, à Rome ou à Florence, va lui ouvrir de nouveaux horizons : découverte et réappréciation d'artistes… Lire la suite
FAUVISME

Écrit par :  Michel HOOG

Dans le chapitre "Historique"  : …  à jouer ce rôle, que s'est constitué le mouvement. La principale pépinière des fauves fut *l'atelier de Gustave Moreau à l'École des beaux-arts, où Rouault, Matisse, Marquet, Camoin, Manguin, Puy et quelques autres devaient nouer des relations durables. En 1898, Derain rencontre Matisse et Puy dans une petite académie libre où Carrière… Lire la suite
LÉDA, iconographie

Écrit par :  Martine VASSELIN

… *Dans la Bibliothèque d'Apollodore d'Athènes (~ 180), dans l'Hélène d'Euripide, les Fables d'Hygin et les Dialogues de Lucien, on trouve plusieurs versions de la légende des amours de Zeus déguisé en cygne et de Léda, épouse du roi Tyndare de Lacédémone. Selon la version la plus répandue, le fruit de ces amours… Lire la suite
POMPIER, art

Écrit par :  Jacques THUILLIER

Dans le chapitre "La remise en cause"  : …  pas surprenant qu'André Breton ait préfacé le livre de Ragnar von Holten, L'Art fantastique de *Gustave Moreau (Paris, 1960), premier essai pour réhabiliter ce peintre longtemps regardé comme le type même du pompier, et revenu en peu d'années au rang de l'un des génies du siècle (PierreLouis Mathieu, Gustave Moreau, Paris, 1976).… Lire la suite
ROUAULT GEORGES (1871-1958)

Écrit par :  Robert FOHR

Dans le chapitre "Origines et formation"  : …  Elie Delaunay, il passe, après la mort de ce dernier (1891), sous la férule de son successeur, *Gustave Moreau, un esprit ultra-libéral qui fonde sa pédagogie sur l'observation de la nature autant que sur l'étude des maîtres, et incite chacun à exprimer sa personnalité véritable, entretenant ainsi « en pleine École des beaux-arts un foyer de… Lire la suite
SURRÉALISME - Surréalisme et art

Écrit par :  Gérard LEGRAND

Dans le chapitre "L'art surréaliste est-il possible ?"  : …   La Profanation de l'hostie, dont le titre joue pour beaucoup dans son admiration). Quant à* Gustave Moreau, le fondateur du surréalisme a raconté lui-même comment sa conception de la femme avait été entièrement modelée, dans son adolescence, par les visites qu'il fit au musée de la rue La Rochefoucauld, ouvert en 1904. C'est déjà signaler… Lire la suite
SYMBOLISME - Arts

Écrit par :  Jean-Paul BOUILLON

Dans le chapitre "Les dates et les théories"  : …  l'admirait pourtant ; le « tuyau de cheminée » de Carrière semble aux antipodes des joailleries de* Gustave Moreau ; les subtilités des nabis paraissent condamner les prétentieuses et lourdes naïvetés de certains des adeptes de Joséphin Péladan. C'est qu'en effet, et au rebours d'habitudes laborieusement acquises, imposées en particulier par la… Lire la suite

Afficher la liste complète (7 références)

Retour en haut

Médias

Médias de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Orphée, G. Moreau Prométhée, G. Moreau Les Prétendants, G. Moreau Sappho, G. Moreau Dalila, G. Moreau

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média