L'art du noir et blanc connut au xixe siècle, avec le sentiment romantique du fantastique et la renaissance de la gravure, un épanouissement remarquable. L'un des plus grands maîtres du genre est le dessinateur et graveur français Gustave Doré. Popularisé par le livre, son style déploie dans une veine épique, tragique et comique, des prodiges d'imagination, les ressources intarissables d'un rêve intérieur. Pourtant, ses plus lyriques inventions, ses effets saisissants de monumentalité et de vertige qui l'ont rendu célèbre, ont pour origine commune le souvenir de son Alsace natale. C'est, de son propre aveu, l'atmosphère pénétrante des montagnes vosgiennes, de la Forêt-Noire et du gothique strasbourgeois qui détermina la sensibilité de son inspiration. Tous les témoignages concordent pour le décrire dessinant dès son plus jeune âge. Il a quinze ans et n'a suivi aucun cours de dessin lorsque paraît son album de lithographies satiriques Les Travaux d'Hercule, aux éditions Aubert. Ainsi introduit auprès de Charles Philipon, il se voit engagé, l'année suivante, au Journal pour rire, et, tout en poursuivant ses études de lycéen à Paris, il y donne […]
