Il y a du Baudelaire, du Verlaine, du Heine chez Fröding, poète suédois accablé d'une lourde hérédité, alcoolique instable et finalement terrassé par la schizophrénie. Mais tout compte fait, c'est à la Suède, à son Vermland natal qu'il doit le meilleur de son inspiration, quantité de ses thèmes et son extraordinaire musicalité. De là vient qu'il soit si mal connu à l'étranger, si malaisément traduisible aussi : encore bien plus que sa contemporaine Selma Lagerlöf, il est enfant de la Suède, du petit peuple suédois qui, d'emblée, s'est accordé aux harmonies de Guitare et accordéon (Gitarr och dragharmonika, 1891), Le régionalisme demeure à ce jour l'une des sources d'inspiration les plus fécondes de la Muse suédoise, il nous vaut régulièrement de belles œuvres pittoresques et riches de chaleur humaine qui constituent certainement l'une des hautes originalités d'une littérature menacée sans cela d'inféodation aux grandes modes contemporaines. C'est à Fröding qu'elle le doit.
C'est qu'il a su, dans de nombreux recueils de poèmes, comme Nouveaux Poèmes (Nya Dikter, 1894), Éclats et lambeaux (Stänk och flikar, 1896) donner l […]
