Mot sanskrit qui signifie d'abord « lourd », « pesant », et qui désigne, dans l'hindouisme classique (depuis le ~ viiie s.) et dans l'hindouisme moderne, le « maître spirituel » dans la mesure où on le tient pour riche en force magique et en science sacrée. Il s'agit, d'ailleurs, d'un titre honorifique plutôt que du nom d'une fonction. En ce sens, il serait inconvenant pour quiconque de se donner à soi-même l'appellation de guru : les fidèles seuls utilisent le vocable pour désigner leur maître ou lui rendre hommage.
Le plus souvent, il s'agit d'un renonçant (samnyāsin, sādhu) qui, lorsqu'il a atteint pour lui-même le plus haut degré de développement spirituel, obtenant par là la délivrance (moksha [ṃokśa]), accepte de communiquer à des disciples le secret de sa réussite. Ayant lui-même reçu l'initiation de son propre maître, il la confère à son tour aux impétrants, assurant ainsi la pérennité de la lignée initiatique à laquelle il appartient.
Le terme est parfois utilisé également pour désigner quelqu'un qui possède un rayonnement intellectuel particulier, mais la chose est rare et choque les hindous orthodoxes : d'un lettré on préfère dire qu'il est un pandit ou un shāstrī (« savant »), d'un religieux qu'il est un swāmi ou un ācharya (« docteur », « maître ») : le guru reste essentiellement l'« initiateur », le « maître secret ».
Jean VARENNE
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