4. L'espace de Guo Xi
Les problèmes théoriques de perspective ont été pour la première fois abordés dans le traité de Guo Xi, avec l'énoncé et la définition des « trois modes de distanciation » (san yuan) : distance en altitude, distance en profondeur et distance en plan. Dans la pratique picturale, la « distance en profondeur » constitue la conquête la plus caractéristique du métier de Guo Xi : il s'agit de « creuser » la peinture en ouvrant au regard des couloirs entre les masses, qui donnent au spectateur l'illusion d'entrer dans le paysage. Dans son traité, Guo Xi avait défini la peinture parfaite comme étant celle où l'on peut résider ou se promener ; et tel est bien l'effet que procure son chef-d'œuvre Printemps précoce : la sensation de profondeur est obtenue par perspective atmosphérique ; l'encre traitée en couches successives ménage des dégradés subtils et d'infinies variations de tonalité ; une sorte de sfumato enveloppe les formes, arrondissant les masses et créant une circulation d'air autour des volumes qui suggère comme la possibilité d'en explorer l'envers. Le spectateur est proprement aspiré par la peinture, et se perd en elle pour un « voyage imaginaire » – wo you.
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