Né le 29 août à Gravesend dans le Kent, poète — pour le grand public — du cuir, des motos et du geste viril, Thom Gunn a choisi l'exil aux États-Unis alors que l'Angleterre se repliait sur elle-même. Au moment où la poésie anglaise privilégiait surtout le juste milieu des classes moyennes, il a préféré les situations extrêmes et marginales. Lorsque les intellectuels de son pays évitaient les grands débats philosophiques, il a su revenir à une poésie d'« idées ». On pourrait, en dernière analyse, et pour simplifier, le définir par rapport aux grands problèmes qu'a posé à notre époque l'existentialisme, et notamment celui de la fracture radicale qui sépare l'existence et l'essence, le moi et l'autre. Ces deux questions se manifestent dans son œuvre à travers deux grands thèmes, la violence et l'amour : Relations de combat (Fighting Terms), 1954, rév. 1962 ; Le Sens du mouvement (The Sense of Movement), 1957 ; Poèmes choisis (Selected Poems), 1962 ; Positifs (Positives), 1966 ; Le Toucher (Touch), 1967 ; Moly, 1971 ; Le Château de Jack Straw (Jack Straw's Castle), 19 […]
