En Guinée équatoriale, l'année 2010 est bien plus marquée par les violations systématiques des droits de l'homme et l'autocratie du régime du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo que par l'importante production de pétrole (près de 500 000 barils par jour). Afin d'améliorer ses relations avec la communauté internationale, le chef de l'État effectue de nombreuses visites officielles à l'étranger, annonce la mise en œuvre de réformes structurelles dans le pays et sa volonté d'adhérer à la Communauté des pays de langue portugaise (C.P.L.P.). Il persuade l'Union africaine d'organiser son sommet annuel en 2011 en Guinée équatoriale. Mais le soutien personnel qu'il apporte au prix international U.N.E.S.C.O.-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie, d'une valeur de 300 000 dollars, suscite de telles polémiques que l'organisation internationale décide de reporter l'attribution de cette récompense.
Quatre militaires et des membres du gouvernement soupçonnés d'être impliqués dans un attentat perpétré en février 2009 contre le palais présidentiel de Malabo auraient été kidnappés en janvier 2010 au Bénin. En août, ils sont jugés par un tribunal militaire de la capitale guinéenne, condamnés et immédiatement exécutés. Le principal parti d'opposition du pays continue d'agir depuis Madrid, où son leader vit en exil. Des preuves viennent confirmer que le fils du président Obiang aurait détourné plus de 100 millions de dollars via des banques américaines. La décision de la C.P.L.P. de refuser l'adhésion de la Guinée équatoriale ne surprend donc nullement les observateurs.
Christopher SAUNDERS
Retour en haut



