3. Une population composite à la recherche d'une identité
La progression démographique doit être établie en comparant le recensement portugais de 1960 (519 229 hab.) à celui de 1979 qui donne le chiffre de 767 469 habitants, cinq ans après l'indépendance. Selon les estimations, la capitale Bissau atteignait 200 000 habitants en 1988 et 300 000 en 2005, et la population totale, qui était d'environ 1 million en 1992, atteint 1,6 million d'habitants en 2005.
Le pays est administrativement divisé en un secteur autonome pour la capitale et huit régions subdivisées en trente-six secteurs. En dehors de la capitale, les centres provinciaux (Bafatá, Gabú, Cacheu) ne dépassent pas 20 000 habitants.
La population blanche a toujours été très peu nombreuse, sauf pendant la guerre d’indépendance. En comptant les Syro-Libanais et les experts étrangers arrivés depuis l'indépendance, les Blancs doivent dépasser le millier (Portugais en majorité). Il est impossible de dire combien de métis subsistent, du fait des allées et venues des Capverdiens depuis 1974. Il semble, malgré tout, que plus de 95 p. 100 de la population soit négro-africaine, répartie en une vingtaine d'ethnies, ce qui reflète le rôle de cul-de-sac qu'a joué le pays pour les peuples descendant du Sahel vers la mer. Encore que les chiffres soient contestés, outre des ethnies résiduelles (Floup, Baiote, Brame, Banhun, Cassanga, Beafada, Nalu, Bijagós), les principales ethnies sont : les Balante (30 p. 100), riziculteurs littoraux habiles, farouchement attachés à leur indépendance et qui ont accordé un appui massif au parti d'Amilcar Cabral ; les Fula (20 p. 100) ou Peuls, envahisseurs islamisés et fortement hiérarchisés en chefferies féodales qui, jusqu'au bout, soutinrent les Portugais jouant sur les antagonismes sociaux et religieux (ce sont essentiellement des éleveurs vivant au Nord et au Nord-Est) ; les Manjak ou Manjaco (14 p. 100), agriculteurs côtiers influencés par les Mandingues ou Malinké (13 p. 100), eux-mêmes agriculte […]
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