La vie politique de la Guinée-Bissau demeure marquée par l'instabilité au début de l'année 2009. Quelques heures après qu'un attentat à la bombe a tué le général Batista Tagme Na Waie, chef d'état-major des armées et rival de longue date du président João Bernardo Vieira, ce dernier est à son tour abattu, le 2 mars, par des soldats, apparemment en signe de représailles. Bien que les autorités ne procèdent à aucune arrestation après cet assassinat, le chaos politique redouté n'a pas lieu, et l'armée ne prend pas le pouvoir. Sous un gouvernement transitoire dirigé par le président de l'Assemblée nationale Raimundo Pereira, désigné chef de l'État par intérim, et par le Premier ministre Carlos Gomes Júnior, du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (P.A.I.G.C.), le pays organise une élection présidentielle. Le scrutin est différé pour permettre l'inscription de tous les électeurs sur les listes. Au cours de la campagne, l'un des candidats à la présidence, proche de l'ex-président Vieira, est abattu par les forces de sécurité, après une prétendue tentative de coup d'État. Le premier tour a néanmoins lieu le 28 juin, suivi du second le 26 juillet. Malam Bacaï Sanha, membre du P.A.I.G.C. – qui fait campagne avec le slogan « l'heure est arrivée ! » – bat l'autre candidat du parti majoritaire, l'ex-président Kumba Yala, et devient chef de l'État. Le pays qui, selon les Nations unies, présentait en 2008 le troisième plus faible indicateur de développement humain, demeure l'une des plaques tournantes du trafic de cocaïne entre l'Amérique du Sud et l'Europe.
Christopher SAUNDERS
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