À la suite de la signature de l'accord de Ouagadougou, le 15 janvier 2010, qui définit les modalités de la transition guinéenne, Jean-Marie Doré est nommé Premier ministre par intérim ; il prend ses fonctions cinq jours plus tard. Les négociations ont été menées en urgence sous l'égide du président burkinabé Blaise Compaoré, après la tentative d'assassinat perpétrée en décembre 2009 contre le capitaine Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte militaire. Une fois remis de l'agression, ce dernier reste en exil au Burkina Faso, tandis que son successeur, le général Sékouba Konaté, demeure à la tête du pays.
Jean-Marie Doré forme, le 15 février, un gouvernement provisoire d'union nationale. Le général Konaté met en place quant à lui, le 19 mai, une force spéciale destinée à surveiller le premier tour de l'élection présidentielle, la première organisée de façon démocratique depuis l'indépendance du pays. À l'issue du scrutin tenu le 27 juin, l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo obtient 44 p. 100 des suffrages, tandis qu'Alpha Condé, opposant historique, arrive en deuxième position avec 18 p. 100 des voix. Bien que les partisans des autres candidats dénoncent une fraude généralisée, la Cour suprême entérine les résultats le 20 juillet. Le second tour du scrutin est alors programmé pour le 19 septembre. Mais, au début du mois, le tribunal de première instance de Dixinn reconnaît le président de la commission électorale nationale indépendante, Ben Sékou Sylla, coupable de fraude électorale. Celui-ci, hospitalisé depuis plusieurs mois, meurt à Paris le 14 septembre. De violents affrontements éclatent entre les partisans des deux candidats en lice. Le gouvernement interdit immédiatement toute nouvelle manifestation et reporte le scrutin au 24 octobre. Le 7 novembre se tient finalement le second tour de la présidentielle et, le 15 novembre, la commission électorale nationale indépendante proclame le résultat provisoire : Alpha Condé est élu président avec 52,5 p. 100 des voix. Cellou Dalein Diallo conteste ce résultat par la voie légale tandis que le pays est le théâtre de violences. L'état d'urgence est proclamé le 17 novembre. Finalement, la Cour suprême confirme, le 3 décembre, la victoire d'Alpha Condé. Le candidat malheureux et le nouveau président acceptent ce résultat et appellent au calme et au rassemblement.
Par ailleurs, le 19 février, après avoir mené une enquête préliminaire, le procureur adjoint de la Cour pénale internationale (C.P.I.), laquelle avait été saisie à la suite de l'assassinat de plus de cent cinquante personnes par les forces de sécurité lors d'un rassemblement de l'opposition le 28 septembre 2009, qualifie cet événement sanglant de crime contre l'humanité. Une deuxième délégation de la C.P.I. arrive en Guinée le 19 mai afin de poursuivre l'investigation.
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