En 2011, la vie politique guinéenne est marquée par la mise en œuvre du programme du président Condé, le premier président élu démocratiquement, le 30 décembre 2010. Dès le début de janvier, Alpha Condé annonce le remplacement de tous les fonctionnaires en poste dans ses services et ceux du Premier ministre. Il entreprend également une réforme des services de sécurité, montrée en exemple par l'O.N.U. aux autres pays d'Afrique de l'Ouest.
Le président Condé reconnaît que le pays est au bord de la faillite. Il accuse la junte militaire au pouvoir les deux années précédentes d'avoir plus dépensé qu'aucun autre gouvernement depuis l'indépendance. Environ 130 millions de dollars d'impôts et de redevances restent impayés par des particuliers, des compagnies minières et des hommes politiques.
Le 8 mars, huit cents conscrits fomentent une émeute dans un camp d'entraînement militaire à Kissidougou, au sud-est de Conakry. Après deux ans d'entraînement, ils exigent leur intégration immédiate dans l'armée. Les violences font au moins un mort.
Des troubles éclatent le 2 mai entre les ethnies Kpelle et Malinke, dans la ville de Galakpaye, dans le sud-est du pays. Au moins vingt-cinq personnes sont tuées, dont certaines auraient été brûlées vives.
Le 19 juillet, des soldats restés fidèles à l'ancienne junte lancent une attaque à la roquette contre la résidence du président Condé. Ce dernier est blessé, tandis qu'au moins un garde est tué. Dans les semaines qui suivent, trente-sept militaires, dont des officiers de haut rang, sont arrêtés et seize personnes sont inculpées de tentative d'assassinat contre le chef de l'État.
Le 12 septembre, le ministre des Mines déclare que le gouvernement a annulé l'accord passé par la junte avec la China International Fund, qui donnait à cette dernière le droit d'exploiter toutes les ressources minières du pays qui ne le sont pas encore. Deux jours plus tard, le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana promeut un nouveau Code minier, destiné à empêcher que les compagnies multinationales ne soudoient les fonctionnaires guinéens pour obtenir des concessions à bas prix.
Nancy Ellen LAWLER
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