4. Le « Père de la patrie »
La situation demeure critique et les territoires devenus indépendants sont de plus en plus entamés. En 1581, Guillaume, qui s'est un instant tourné vers la France, pour que le duc d'Anjou, quoique catholique, reçoive la souveraineté des Pays-Bas, a fini par accepter des États la dignité de comte souverain de Hollande et de Zélande. Il a le chagrin de voir l'unité de la nation compromise, et celui d'être suspecté d'opportunisme par les calvinistes fanatiques. En 1580, Philippe II a mis sa tête à prix et, en réponse, Guillaume charge le prédicateur de la cour de répondre à cette mesure par une Apologie qui est une protestation de fidélité à son pays et à la liberté de conscience. En mars 1582, il est l'objet d'un attentat. L'année suivante, veuf de sa troisième femme, il épouse Louise de Coligny, ce qui resserre ses liens avec les sympathisants de France. Mais, le 10 juillet 1584, il est assassiné à Delft par Balthazar Gérard, un fanatique comtois. Il laisse de son premier mariage Philippe-Guillaume, prince d'Orange (1554-1618), du second Maurice de Nassau (1567-1625), et du quatrième Frédéric-Henri (1584-1647). Ces deux derniers lui succéderont.
Sans doute n'y a-t-il pas, dans les États modernes, de personnage dont l'action puisse, à ce point, justifier le titre de « Père de la patrie », ni dont le culte soit aussi vivace. Le Wilhelmus van Nassauwe, hymne national des Pays-Bas, qui est l'œuvre de Marnix de Sainte-Aldegonde et date de 1568, associe depuis quatre siècles le nom de Guillaume à la patrie néerlandaise.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



