Fils d'un apothicaire de Brive-la-Gaillarde, Guillaume Dubois fit d'excellentes études à Paris, comme boursier au collège Saint-Michel, rue de Bièvre. Pauvre, le jeune abbé donnait des leçons pour vivre. Il enseigna ainsi la géographie au jeune Choiseul, puis devint sous-précepteur du duc de Chartres qui deviendra Philippe d'Orléans, régent de France. Il réussit fort bien dans cette tâche et eut la totale responsabilité de l'éducation de son élève après la mort du précepteur en titre. Le duc d'Orléans parvenu au pouvoir lui donna plusieurs abbayes de son apanage. L'évêché de Cambrai, bénéfice considérable qui avait été à Fénelon, venant à vaquer, il devint archevêque et bientôt cardinal (1721). Secrétaire d'État aux Affaires étrangères en 1718, il obtint aussi les Postes, charge lucrative, et réussit à devancer tous ses adversaires : Noailles, Torcy, Villeroi, d'Aguesseau, pour porter le titre et la responsabilité de principal ministre (1722). L'avocat Barbier le peignait ainsi : « Cet homme-là est d'une politique infinie pour son ambition [...], il a soixante-huit ans, ne boit pas, ne voit aucune femme ni ne joue. » Saint-Simon fut plus méchant à son égard : « Tous les vices co […]
