Guillaume Fierabras, dont le terrible coup de poing tue ses adversaires, tandis que son nez court évoque une humiliante blessure, est célébré par de nombreuses chansons de geste constituant tout un « cycle ». On a retrouvé le prototype historique de ce héros, anciennement connu par la Nota Emilianense, le Fragment de La Haye et un poème latin d'Ermold le Noir (827), en la personne de Guillaume de Toulouse, cousin de Charlemagne, qui subit une défaite sur l'Orbieu, près de Narbonne, en 793, contribua à la prise de Barcelone en 803, et se retira au monastère de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert) en 806. Notre plus ancienne chanson de geste, qui lui est consacrée, se présente dans un mauvais manuscrit en deux parties mal soudées. On nous décrit d'abord le combat de Vivien en l'Archamp, contre Deramé, puis sa lente agonie. C'est en vain que Girard est parti chercher du secours auprès de Guillaume, dont l'armée arrive trop tard ; Guichard et Girard sont tués. Mais Guillaume reviendra en compagnie du jeune Guiot et gagnera la bataille. À partir du vers 1981, le texte suit une autre tradition : Guillaume va venger la mort de Vivien avec l'aide de Rainouart, truculent héros de s […]
