Né à Saint-Romain, dans le diocèse de Valence, Guigues est le cinquième prieur de la Chartreuse. Saint Bruno, qui avait fondé la Chartreuse en 1084, l'avait quittée pour Rome en 1088 et était mort en Calabre en 1101. Guigues ne le rencontra donc jamais, mais, quand il entra lui-même à la Chartreuse en 1106, il trouva des moines qui avaient connu le fondateur. En 1109, il fut élu prieur et il le resta jusqu'à sa mort.
Sans quitter la Chartreuse et en y vivant en solitaire, Guigues acquit une grande renommée d'intelligence, de savoir et de piété. Ses lettres témoignent de sa sagesse et de l'étendue de ses relations. Elles sont adressées au pape Innocent II, au cardinal Aimeric, chancelier de la Sainte Église romaine, à l'archevêque Rainaud de Reims, à l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable, à Hugues de Payns, grand maître des Templiers, au duc d'Aquitaine, Guillaume X. L'abbé de Clairvaux, saint Bernard, l'honorait de son amitié.
Au début de son priorat, Guigues composa un recueil de pensées ; à la fin, il écrivit la Vie de l'évêque saint Hugues de Grenoble (mort en 1132) qui, non content d'avoir installé saint Bruno et ses compagnons à la Grande-Chartreuse, s'é […]
