Avant de partir pour Rome (1600-1603), Guido Reni passa, à Bologne, comme l'Albane et le Dominiquin, de l'atelier de Calvaert à l'Académie des Carrache. Mais, à la différence de ses condisciples, il ne cherche pas sa voie près d'Annibal Carrache et ne participe pas aux travaux du palais Farnèse. Il est marqué lui aussi par Raphaël (fresque à Sainte-Cécile du Transtévère), mais surtout par Caravage (Crucifixion de saint Pierre, pinacothèque du Vatican ; La Charité, palais Pitti, Florence). Le peintre retourne ensuite à Bologne et collabore avec Ludovic Carrache (cloître de San Michele in Bosco, 1604-1605). En 1607, il est de nouveau à Rome. Son talent s'affirme en même temps que se précisent les sources de son inspiration : la statuaire romaine, d'une part ; Raphaël et Corrège, d'autre part. De cette période datent le Saint Matthieu et la Vierge en gloire avec saint Matthieu et saint Jérôme (pinacothèque du Vatican), Saint André conduit au supplice et le Concert d'anges de San Gregorio Magno, l'Annonciation du Quirinal. L'ascendant de Raphaël, l'étude de l'Antiquité lui inspirent, à Bologne, où il est à nouveau en 1611, le Samson victorieux et le Massacre des Innocents, peint pour San Domenico (tous deux à la pinacothèque de Bologne) ; cette œuvre célèbre, « l'une des plus solides et des plus cérébrales du Guide », selon C. Gnudi, « sera un modèle pour le classicisme français de Poussin à Ingres ». Un troisième séjour à Rome (1612) détermine chez Reni un intérêt renouvelé pour le classicisme limpide de Raphaël, qui s'exprime dans l'Aurore du Casino Rospigliosi (1613-1614). Puis le peintre se fixe à Bologne. Ses tableaux religieux : Apothéose de saint Dominique, 1615 ; Déposition de Croix, 1616 ; Madone du Rosaire, Mater Dolorosa (pinacothèque de Bologne) ; Ecce Homo (Louvre), assurent son succès auprès d'une clientèle dévote. Parmi ses tableaux mythologiques, d'une souplesse et d'un chromatisme plus sensibles, on peut citer, outre les épisodes de la Vie d'Hercule exécutés pour le palais ducal […]
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