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CREPAX GUIDO (1933-2003)

Le nom de Guido Crepax, dessinateur né à Milan en 1933 et mort dans la même ville, en 2003, des suites d'une sclérose en plaques, demeure associé, aux yeux du public, à celui de sa plus fameuse créature, Valentina Rosselli, dite Valentina. La silhouette longiligne de cette jeune photographe brune aux lèvres boudeuses apparaît pour la première fois en 1965, dans la revue de bande dessinée italienne Linus, au côté de l'aventurier Philip Rembrandt. Valentina devient bientôt le personnage central d'une saga en neuf volumes, qui s'achèvera en 1995 avec un album – Au diable, Valentina ! – au titre sans appel. La rupture entre Crepax et la bande dessinée érotique, genre qu'il avait contribué à sortir de la clandestinité et à faire reconnaître (par Roland Barthes, entre autres) comme un support d'expression majeur de la mythologie contemporaine, est désormais consommée.

À l'instar de Barbarella, Isabella et autre Jodelle, Valentina reflétait les aspirations d'une époque durant laquelle, « malgré 68, grâce à 68 », écrit Chantal Montellier, on cherchait « de nouveaux modes de vie et d'expression du sexe ». Reste que Crepax s'est toujours démarqué de ses confrères – Jean-Claude Forest, Guy Pellaert –, dont il jugeait les héroïnes vulgaires. De fait, Valentina se distingue de ses blondes et lubriques concurrentes, d'abord par son physique (ses traits et sa coiffure sont empruntés à l'actrice américaine Louise Brooks, avec laquelle Crepax entretiendra une correspondance), ensuite par son ancrage dans l'histoire (née durant la Seconde Guerre mondiale, elle vieillira en même temps que son créateur), enfin par sa profondeur romanesque. Objet tour à tour des perversions d'autrui et de ses propres hantises, elle est placée au cœur d'un dispositif fictionnel nourri par des jeux de citations, des flash-back, des allusions à la politique et à la psychanalyse, qui fonctionne comme une grille de déchiffrement de son destin, ou permet du moins d'en interroger le sens. Crepax fut par ailleurs l'initiateur de trouvailles formelles (ex […]

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Bibliographie

G. Crepax, Le Portrait fragmenté, Aedena, Paris, 1986

H. Filippini, Encyclopédie de la bande dessinée érotique, La Musardine, Paris, 1997

J. M. Lo Duca, Luxure de luxe ou l'art érotique dans la bande dessinée de Sandro Botticelli à Roy Lichtenstein, coll. Vertiges graphiques, éd. Dominique Leroy, Paris, 1983.

La première traduction française de Valentina (par P.-L. Thirard) est parue chez Éric Losfeld, à Paris, en 1969

d'autres albums de la série y ont ensuite été publiés par les éditions du Square (1976), Albin Michel et Dargaud (1983), puis Futuropolis (Valentina et Baba Yaga et Le Journal de Valentina, 1985

Valentina au débotté et Valentina assassine, 1986, trad. A. Bernard).

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