2. Typologie et fonctions des guerres
Le phénomène sociologique de la guerre est d'autant plus difficile à analyser qu'il se présente sous des aspects extrêmement divers suivant les types de société où il s'observe, suivant les techniques mises en œuvre et les contextes culturels où il se situe. La guerre est faite par l'histoire en même temps qu'elle la crée en partie.
On pourrait remonter au-delà de l'histoire et même au-delà de la condition humaine pour chercher dans la zoologie, la préhistoire et l'ethnologie les plus lointaines manifestations, sinon les principes biologiques, de la guerre. Plus exactement, on constate chez la plupart des vertébrés une conduite combative qui s'y présente comme normale, surtout chez les mâles. Les animaux livrent combat pour prendre ou conserver un objet, notamment une nourriture, pour conquérir une femelle et aussi pour préserver un territoire. Il arrive que les animaux supérieurs se battent par groupes, mais cela est rare, de sorte que la guerre proprement dite, en tant que phénomène social, est une des caractéristiques de l'espèce humaine.
• Les racines archaïques
On ignore si les premiers hommes pratiquaient la guerre. Certains outils de l'époque paléolithique pourraient bien avoir été utilisés comme armes dans des combats entre tribus ou entre clans ; mais ce n'est là qu'une hypothèse. Les premières armes dont on puisse affirmer qu'elles eurent cet usage datent de l'âge du bronze, et on a la preuve qu'il y eut des troupes de guerriers dans la civilisation sumérienne.
L'observation des peuples sans écriture vivant actuellement apporte des renseignements plus sûrs au sujet des guerres faites avec des armes relativement rudimentaires (javelots, arcs et flèches, haches de pierre, etc.) et dans le cadre sociologique archaïque des tribus et des clans. On a soutenu, tantôt comme l'a fait notamment Wissler que la guerre est un phénomène universel, tantôt au contraire que les peuples primitifs ne la connaissent pas toujours, tels les Andamana […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 22 pages…



