4. Vers la guerre civile internationale
• Intensité de la lutte
En 1917, toutes les nations se sentent concernées par la guerre. Dans les deux camps on réclame à ses alliés non seulement un soutien militaire, mais également une aide économique, ce qui est un fait nouveau. Jusqu'en 1914, les puissances avaient toujours pensé que plus grand serait le nombre de divisions qu'elle pourrait jeter dans un conflit et plus grande serait la capacité de production de leurs usines d'armement, plus grande serait leur chance de gagner une guerre. Or en 1917, 17 millions d'hommes avaient été mis hors de combat (un tiers de morts) ; la Russie, en dépit de son énorme potentiel en hommes, n'avait pas réussi à ébranler l'Allemagne, parce qu'elle ne disposait pas d'une économie assez avancée.
L'idée d'une mobilisation de l'économie ne naquit qu'assez tard. Pendant deux ans, les états-majors avaient vécu la guerre en liant son issue à la notion, désormais dépassée, de campagne militaire. Or il ne s'agissait plus de gagner une bataille en fonction de l'état des stocks, mais de réorganiser l'économie du pays dans la perspective d'une guerre longue, dont on voyait mal l'issue. L'organisation de la production fut plus systématique et plus rapide que partout ailleurs en Allemagne, où la concentration de l'industrie et les nécessités du blocus conjuguèrent leurs effets dans le sens d'une mobilisation générale de l'économie. Ce fut en Grande-Bretagne que la main-d'œuvre fut distribuée de la façon la plus rationnelle entre l'arrière et le front. Plus arriérées au point de vue économique, l'Italie et la Russie accomplirent des efforts excessifs pour adapter production et consommation aux nécessités d'une guerre totale : ce fut dans ces pays que le « moral » craqua et que l'idéal de la paix ou de la révolution prit le pas sur celui de la victoire.
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