Le 15 février 1898, l'explosion en rade de La Havane d'un navire nord-américain, le Maine, avec à son bord quelque 260 personnes, constitue le prétexte de l'intervention des États-Unis dans la guerre d'émancipation coloniale qui oppose Cuba à l'Espagne depuis 1895. La chute de Santiago de Cuba, en juillet, contraint le gouvernement de Madrid à signer, le 10 décembre 1898, le traité de Paris par lequel il renonce à Cuba et à Porto Rico, mais aussi aux Philippines. La guerre hispano-américaine sonne donc le glas de l'empire bâti par Charles Quint en Amérique et en Asie, et provoque en Espagne une crise identitaire aux sources de laquelle puiseront les écrivains de la génération de 1898. Mais elle marque aussi le début de l'interventionnisme des États-Unis en Amérique latine, puisque Cuba est occupé militairement avant de devenir un protectorat déguisé : en juin 1901, l'amendement Platt inscrit dans la Constitution cubaine un droit d'ingérence nord-américain qui ne disparaîtra qu'avec la révolution castriste de 1959.
Photographie
Guerre hispano-américaine à Cuba, 1898 Un camp espagnol à Cuba, pendant la guerre hispano-américaine, en 1898.
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Olivier COMPAGNON
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