Plus justement appelée « guerre des Roses » si l'on suit la tradition anglaise, la guerre des Deux-Roses est une guerre civile qui déchire l'Angleterre de 1455 à 1485. L'expression paraît avoir été forgée relativement tard, au début du xixe siècle, et fait allusion à l'insigne qu'auraient porté les combattants des deux camps : une rose blanche pour les partisans de la maison d'York, une rose rouge pour ceux de la maison de Lancastre. Celle-ci détient le trône depuis 1399 et l'occupe en la personne de Henri VI. Les yorkistes ont d'abord limité leurs prétentions au contrôle du gouvernement et soutenu l'un des clans qui se disputaient la maîtrise des Conseils royaux ; à partir de 1460, la revendication dynastique est devenue essentielle. Le recrutement d'adversaires des Lancastre a été favorisé par des échecs décisifs sur le continent, où presque toutes les possessions, sauf Calais, sont perdues en 1453 : au mécontentement patriotique, à l'impression de gabegie financière s'ajoute la fureur de familles aristocratiques possessionnées en France et menacées de perdre un patrimoine souvent ancien. La lutte, menée par des aristocrates à la tête d'armées féodales, a é […]
