Considéré comme l'héritier de Staline, éliminé en 1957 comme dirigeant du groupe « antiparti », Malenkov fut le chef de file de la jeune génération stalinienne. Engagé dans l'Armée rouge en 1919, il adhère l'année suivante au Parti communiste ; il a déjà été commissaire politique des districts du Turkestan et de l'Est durant la révolution de 1917. Après 1920, il est secrétaire de l'organisation des étudiants bolcheviques. Permanent de l'organisation du parti à Moscou dès 1930, il devient membre du comité central en 1939, est élu au secrétariat du comité central, à l'Orgburo et suppléant au bureau politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est chargé d'organiser l'industrie et les transports. Titulaire du bureau politique dès 1946, vice-président du Conseil des ministres, il participe à la création du Kominform et prend la place de Jdanov dans la hiérarchie du parti à la mort de celui-ci en 1948. Président du Conseil des ministres après la mort de Staline et premier secrétaire du parti, il doit rapidement céder ce second poste à Khrouchtchev, battu dans sa lutte pour le pouvoir par la vieille équipe stalinienne alliée à ce dernier. En février 1955, il est remplacé par Boulganine au poste de président du Conseil des ministres et perd toutes ses fonctions en 1957, la tentative pour évincer Khrouchtchev du secrétariat du parti ayant échoué. Nommé directeur d'une centrale électrique à Oust-Kamenogorsk (Kazakhstan), il est accusé pour sa participation à la purge de Leningrad de 1949 dont il avait été l'artisan et, en décembre 1958, pour sa politique agraire. Au XXIIe congrès, une demande visant à l'exclure du parti n'eut pas de suite.
Claudie WEILL
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