L'épouse d'Arthur, légendaire roi de Bretagne, appelée Gwenhwyfar dans les textes gallois médiévaux, apparaît pour la première fois sous le nom de Gennuvar dans un texte latin, la Vie de Gildas (Vita Gildæ, avant 1136) de Caradoc de Lancarvan, qui laisse deviner une légende celtique antérieure : Melwas, roi du Pays du Midi, emmène l'épouse d'Arthur dans son château de la Cité de Verre ; après une année de quête, Arthur l'assiège et reconquiert la reine. La tradition de l'adultère de Guenièvre remonte très haut, même si aucune influence galloise ne joue sur Le Lai du cor(troisième quart du xiiie s.) de Robert Biket : Mangoun, roi de Moraine, envoie à Arthur en Caerleon une corne qui révèle à qui y boit l'infidélité de sa femme ; Arthur se soumet le premier à l'épreuve et il est aspergé de vin ; il pardonne à Guenièvre quand il voit que la même mésaventure arrive à tous les chevaliers présents, sauf à Caradoc.
C'est Chrétien de Troyes qui donne à Guenièvre sa fortune littéraire en utilisant à des fins courtoises la matière de Bretagne. Guenièvre est la dame de la cour d'Arthur ; elle écoute les chevaliers raconter leurs aventur […]
