Adeptes de la religion zoroastrienne qui forment, aujourd'hui encore, un petit groupe en Iran. Après l'islamisation de ce pays (viiie siècle), seules quelques petites communautés vivant dans des régions retirées du sud-est de l'Iran réussirent à perpétuer la tradition mazdéenne. Vers le xe siècle, il n'en subsistait plus qu'un très petit nombre dans les provinces de Yazd et de Kerman, où, de nos jours encore, trente mille zoroastriens environ vivent dans les pauvres villages isolés de ces régions semi-désertiques. L'origine du nom de guèbres qui leur fut donné par des voyageurs européens reste controversée : peut-être le mot signifie-t-il infidèle (à l'islam). Au ixe siècle, les guèbres écrivaient encore des traités théologiques comme le Dênkart, sorte d'encyclopédie de la religion mazdéenne ; vers le xiiie siècle, ils rédigeaient des Vies de Zarathushtra, à usage apologétique ; et, au xviie, ils échangeaient avec leurs frères parsis (zoroastriens installés en Inde) des « lettres sur la religion » (Riwâyats), qui attestaient la vitalité de leur foi. Pourtant, depuis deux cents ans, la situation est inversée : les parsis se sont bien adaptés à la civilisation moderne et leur communauté s'est enrichie. De nombreux guèbres ont alors émigré en Inde, et ce sont les parsis qui maintenant aident et instruisent les zoroastriens restés en Iran.
Jean VARENNE
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