2. La nouvelle prose
Han Yu (768-824) est considéré comme le véritable créateur de la nouvelle prose, à tort intitulée gu wen. Ennemi déclaré aussi bien du taoïsme que du bouddhisme, il se crut la mission de reprendre la tradition confucéenne. Toutefois, il fit plus qu'un simple retour à l'antique : il vilipendait au contraire l'imitation servile du style archaïque et la répétition mécanique des phrases-clichés. Le style gu wen dégagé des règles qui entravaient le pian wen se prêtait mieux que celui-ci aux exposés logiques. Rompant délibérément avec la prose cadencée qui était à la mode depuis plusieurs siècles, il se caractérise par le choix très précis des termes et par l'emploi rigoureux des particules grammaticales. La syntaxe chinoise y gagne en précision, mais la langue, moins rythmée, se trouve alourdie.
Han Yu était trop passionné pour être un vrai philosophe confucianiste. Son titre de gloire est cette langue qu'il a sinon créée du moins portée à la perfection. Alors qu'il avait voulu en faire un instrument didactique, elle permit surtout, de son vivant, une reviviscence de la narration, du conte, auxquels ne se prêtait guère le style pian wen. Ainsi Liu Zongyuan (773-819), qui participa avec talent à cette élaboration de la prose gu wen, est l'auteur prestigieux de courts récits descriptifs.
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