2. L'œuvre
En son temps déjà, sa peinture valut à Gu Kaizhi une célébrité immense. Son génie s'imposa d'emblée au public de la capitale : dès l'âge de vingt ans, une fresque représentant Vimalakirti, qu'il exécuta dans un temple de Nankin, attira un prodigieux concours de foule. De son activité picturale, outre diverses autres fresques bouddhiques, les catalogues anciens ne mentionnent qu'une soixantaine de peintures ; dès l'époque Song, ses œuvres s'étaient déjà faites rares. D'après les titres, on peut déduire que la plus grande part de sa production se rattachait encore à la peinture de figures, qui restera le genre pictural majeur jusqu'à la fin des Tang. Il puise occasionnellement son inspiration dans le bouddhisme, mais plus fréquemment dans le taoïsme qui devait mieux correspondre à l'orientation de son esprit. A côté de sujets mythologiques et légendaires, on relève un bon nombre de portraits, genre où, si l'on en croit les critiques anciens, il dut exceller. Il exécuta plusieurs illustrations de poèmes et de textes littéraires et fut aussi un peintre de paysages et d'animaux : bref, il semble avoir abordé tous les genres sans se laisser enfermer, comme tant de peintres chinois, dans les limites étroites d'une spécialité. L'intérêt tout particulier présenté par l'étude de Gu Kaizhi provient de ce que, à la différence de tous les autres artistes de cette même époque (pour lesquels il ne subsiste plus qu'une information littéraire), il est encore possible de consulter un témoin de son œuvre : il s'agit du fameux rouleau horizontal Admonitions aux femmes du gynécée impérial. Le rouleau exécuté sur soie, à l'encre au trait pur, avec rehauts de couleurs, présente une succession de neuf épisodes distincts illustrant un texte de Zhang Hua, chaque scène étant précédée par le passage correspondant du texte. Le rouleau a été mutilé et, initialement, il devait sans doute comporter douze scènes (et non onze comme il est communément supposé) : les trois premières ont disparu, de même que les co […]
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