3. Groupements herbacés à déterminisme édaphique
Même sous climat forestier, le substrat peut interdire la forêt (parois rocheuses, par exemple). Deux cas sont pratiquement universels, celui des sols salés, littoraux ou non, peuplés d'halophytes, et celui des eaux douces, où croissent des hydrophytes.
• Peuplements d'halophytes littoraux
La marée recouvrant périodiquement le littoral instaure un étagement de la végétation. Ainsi sur l'estran argilo-calcaire (tangue) du littoral picard se succèdent une zone à végétation ouverte ou même nulle, la slikke, recouverte par toutes les marées quelle que soit leur amplitude, et une zone à peuplement dense, uniquement inondée par les marées de vive eau, le schorre. Chacune de ces deux zones se subdivise elle-même en partie basse et partie haute :
– La basse slikke, immergée plus de six heures à chaque marée, porte une végétation phanérogamique rare (Zostera nana) ou nulle.
– La haute slikke a l'aspect d'un talus noirâtre et luisant semé de taches de salicornes annuelles et de touffes dispersées mais vigoureuses d'une Graminée : Spartina townsendi (espèce « nouvelle », en progression, dont l'histoire génétique est particulièrement curieuse), qui contribue à fixer la vase et à faire progresser le schorre.
– Le bas schorre, séparé de la slikke par un abrupt de quelques décimètres, forme un épais tapis de végétaux charnus, glauques ou grisâtres par suite de la dominance d'Obione portulacoides ; à l'arrière-saison fleurissent des Aster tripolium, d'un violet éteint ; le sol compact comporte un horizon réducteur de sulfure de fer.
– Le haut schorre, atteint par la mer seulement une ou deux fois par mois, comporte des peuplements encore denses, mais beaucoup plus diversifiés ; là seulement apparaît Artemisia maritima ; le sol est mieux aéré et renferme un horizon oxydé de couleur rouille.
La salinité n'est pas le seul facteur écologique conditionnant ces peuplements : le degré d'immersion […]
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