Au début du xxe siècle, Paris, depuis longtemps grand pôle occidental des arts, draine, en quelque sorte, les énergies dispersées, à la fin du xixe siècle, à Londres, à Glasgow, à Munich et à Bruxelles. Cette dernière est alors un carrefour d'idées et, de surcroît, un centre d'émancipation sociale, un foyer d'art vivant dont le rôle apparaît aujourd'hui déterminant dans l'évolution du goût et dans la formation de l'Art nouveau. Ville de luxe (remaniée en termes d'espaces et de symboles urbains par Léopold II), cité bancaire (épaulée par une solide politique coloniale), refuge des anarchistes, qui voit arriver les travailleurs ouvriers à la vie politique (1886), Bruxelles est ouverte aux formes les plus avancées de l'art, de l'action, de la pensée. L'avocat Octave Maus y est le chef de file de toutes les avant-gardes. Face à La Jeune Belgiquede Max Waller, il fonde en 1881 la revue L'Art moderne, qui portera l'empreinte anonyme du style combatif d'Edmond Picard et d'Émile Verhaeren. C'est enfin Maus qui devait prendre, le 28 octobre 1883, l'initiative de réunir, à la taverne Guillaume, place du Musée à Bruxelles, une ving […]
