Après la conférence de Bandung en 1955, où s'était affirmée la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique, les pays en voie de développement furent nombreux à se convaincre de la situation injuste dans laquelle ils se trouvaient du fait du système de relations économiques internationales fondé sur des échanges inégaux et des accords d'assistance qui ne faisaient qu'accroître leur dépendance. La réunion de la première C.N.U.C.E.D. (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement), en 1964 à Genève, leur donna l'occasion de former un bloc de travail et de négociation, appelé groupe ou comité des soixante-dix-sept. Parallèlement au cadre formel offert par l'O.N.U. ou par ces conférences pour le commerce et le développement, les soixante-dix-sept (dont le nombre devait s'accroître pour atteindre environ 130 dans les années 1990, c'est-à-dire la presque totalité des pays en développement), prirent l'habitude de coordonner leurs activités, de concilier leurs positions et, surmontant leurs divisions, d'opposer un front uni aux pays industrialisés.
Et le Tiers Monde possesseur d'une tribune, commença à manifester sa volonté de produire, d'industrialiser, de transporter, de commercialiser : « No aid, but trade ! » Moins désireux d'apports financiers d'assistance, les soixante-dix-sept mirent l'accent sur des problèmes précis relatifs au commerce et au développement, tels que relations entre droits de tirage spéciaux (D.T.S.) et financement du développement, extension du système préférentiel pour les produits manufacturés ou semi-manufacturés des pays en voie de développement, traitement des investissements étrangers, etc. Leurs travaux jouèrent un rôle considérable dans la rédaction de la charte des droits et des devoirs économiques des États, réalisée en décembre 1974 sous l'égide de l'O.N.U.
Jean-Paul HUET
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