5. Germaine Tailleferre
La « Dame du Groupe », Germaine Tailleferre (1892-1983), disparut peu de temps après Auric ; comme lui, elle avait écrit nombre de musiques de scène et de films, plusieurs ballets (Le Marchand d'oiseaux, 1923 ; Paris-Magie, 1949 ; Parisiana, 1955), un opéra-comique (Il était un petit navire, 1951). Sa musique de chambre, quoique peu développée (notamment Quatuor à cordes, 1918 ; Concerto pour deux pianos), est empreinte de force et de dramatisme, alors que son « jeu de malicieuse équivoque et qui consiste, surtout, à parsemer de notes imprévues et subversives un langage volontairement ingénu » (R. Bernard) lui vaut d'être tenue pour un compositeur léger et charmant, une « Marie Laurencin pour l'oreille » (Cocteau dixit). Sa dernière création, un an avant sa mort, lui valut un franc succès à l'Opéra de Paris (Le Concerto de la fidélité, 1982), avec Arleen Augér. Germaine Tailleferre est toujours restée fidèle à l'écriture sereine de sa jeunesse, malicieuse et séductrice, ennemie affirmée du constructivisme sériel et de l'expérimentalisme électroacoustique.
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